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guide · 11 min read

Installer Proxmox VE

L'hyperviseur le plus utilisé en home lab : à qui il sert vraiment, l'installation, les dépôts qu'il faut corriger sinon rien ne se met à jour, et les sauvegardes.

Proxmox VE est un hyperviseur : au lieu d'installer un système sur la machine, on installe de quoi faire tourner plusieurs systèmes dessus. Une machine virtuelle Ubuntu pour vos conteneurs, une autre pour tester, un conteneur léger pour votre bloqueur de publicités, et un bouton pour prendre une photo de l'ensemble avant de tout casser.

C'est le système le plus utilisé dans les home labs, et ce n'est pas celui que le configurateur de ce site recommande. Les deux se justifient — voyons d'abord lequel vous concerne.

Est-ce que c'est pour vous ?

Prenez Ubuntu Server + Docker si vous voulez faire tourner des services. C'est plus simple, c'est mieux documenté, et une machine à 8 Go de RAM y consacre tout ce qu'elle a à vos applications. C'est ce que ce site recommande par défaut, et pour une raison qui n'a rien de technique : un seul système partout veut dire qu'un guide, une réponse de forum et un fil Stack Overflow décrivent tous la machine que vous avez devant vous.

Prenez Proxmox si au moins une de ces phrases vous parle :

  • Vous voulez plusieurs systèmes sur une machine — un Ubuntu pour Docker, un Windows pour un logiciel qui n'existe que là, une OPNsense pour le réseau.
  • Vous voulez casser sans risque. Le snapshot avant manipulation, et le retour en arrière en dix secondes, est ce que Proxmox fait de mieux.
  • Vous voulez passer du matériel à une VM : une carte graphique pour du transcodage, une carte réseau, un contrôleur de disques.
  • Vous avez 32 Go de RAM ou plus et de quoi les répartir.

Ne le prenez pas si vous avez 8 Go de RAM ou moins, ou si c'est votre premier serveur : vous ajouteriez une couche à comprendre avant même d'avoir compris la précédente, et chaque problème aurait désormais deux endroits où chercher.

Proxmox VE est libre, sous AGPL. L'abonnement payant donne accès à un dépôt de paquets plus testé et au support ; sans lui, tout fonctionne.

Ce qu'il faut avoir

  • Une machine 64 bits avec la virtualisation matérielle activée dans le BIOS : cherchez Intel VT-x, VT-d, ou AMD-V et AMD IOMMU. Sans elle, Proxmox s'installe mais les VM rampent.
  • 8 Go de RAM au strict minimum, 16 pour que ça ait un intérêt, 32 pour être à l'aise.
  • Une clé USB d'au moins 2 Go, dont le contenu sera effacé.
  • Un câble réseau. Proxmox ne configure pas le Wi-Fi à l'installation.
  • Un disque entier pour le système. Proxmox l'efface intégralement.

Étape 1 — Télécharger et vérifier l'image

L'ISO se télécharge depuis proxmox.com/downloads. La version courante au 28 juillet 2026 est proxmox-ve_9.2-1.iso, environ 1,5 Go. Proxmox VE 9 repose sur Debian 13 « Trixie » — utile à savoir, parce que toute la documentation Debian s'applique en dessous.

sha256sum proxmox-ve_9.2-1.iso

Doit donner :

4e88fe416df9b527624a175f24c9aa07c714d3332afb1ee3dbf3879573ef2c6c

Cette empreinte vient de enterprise.proxmox.com/iso/SHA256SUMS, qui fait autorité : si la vôtre diffère, comparez avec ce fichier plutôt qu'avec cette page — l'ISO change à chaque version corrective.

Étape 2 — Écrire la clé et démarrer dessus

Même méthode que pour n'importe quelle ISO : balenaEtcher, ou en ligne de commande après avoir identifié la clé avec lsblk :

sudo dd if=proxmox-ve_9.2-1.iso of=/dev/sdX bs=4M status=progress oflag=sync

/dev/sdX est la clé entière, jamais une partition. Une erreur ici efface un disque sans rien demander.

Au démarrage, prenez Install Proxmox VE (Graphical). Si l'écran reste noir ou que l'affichage part en morceaux, l'entrée (Terminal UI) du même menu fait la même chose en texte.

Étape 3 — L'installateur

Disque cible. C'est l'écran qui mérite qu'on s'arrête, parce que le bouton Options cache le seul choix difficile de l'installation.

  • ext4 — un disque, simple, rien à comprendre. C'est le bon choix si vous hésitez.
  • ZFS (RAID1) — deux disques identiques en miroir. Vous survivez à un disque mort, vous avez les snapshots au niveau du système de fichiers, et la détection silencieuse de corruption. En échange, ZFS veut de la RAM : comptez 4 Go pour lui, plus le reste pour vos VM.
  • ZFS (RAID0) ou LVM — pour des cas précis. Si vous ne savez pas lequel est le vôtre, ce n'en est pas un.

Dans les options, hdsize limite la place prise par le système. Sur un disque de 500 Go dédié au système, laissez la valeur par défaut : Proxmox utilisera le reste pour vos images de VM.

Pays, fuseau, clavier. Le clavier compte : le mot de passe qui suit se tape maintenant et se relit à chaque connexion.

Mot de passe et e-mail. Le mot de passe est celui de root, et c'est l'accès à toute la machine. L'adresse e-mail sert aux notifications — mettez la vôtre, c'est par là que Proxmox vous dira qu'une sauvegarde a échoué.

Réseau. L'écran demande un nom d'hôte pleinement qualifié : il lui faut un point. pve.maison fonctionne, pve sera refusé.

Donnez une adresse IP fixe dès maintenant — l'installateur ne propose pas le DHCP, et c'est très bien : un hyperviseur qui change d'adresse est un hyperviseur qu'on ne retrouve plus. Notez-la, c'est l'adresse de votre interface web.

Puis l'installation défile, cinq à dix minutes. Retirez la clé avant le redémarrage.

Étape 4 — La première connexion

Depuis un navigateur, sur le réseau local :

https://192.168.1.50:8006

Trois choses vont vous surprendre, et aucune n'est un problème :

  • Le port 8006, pas 443. Il faut le taper.
  • https, obligatoire. En http, rien ne répond.
  • Un avertissement de sécurité du navigateur. Le certificat est auto-signé : Proxmox ne peut pas en obtenir un reconnu pour une adresse IP privée. Passez outre — c'est votre machine, sur votre réseau.

Identifiant root, mot de passe celui de l'installation, et le champ Realm sur Linux PAM standard authentication.

Un message vous dira que vous n'avez pas d'abonnement valide. C'est un rappel, pas une limitation : tout fonctionne. On règle la question à l'étape suivante.

Étape 5 — Les dépôts, sinon rien ne se met à jour

C'est l'étape qu'il ne faut pas sauter, et celle que les guides expédient.

À l'installation, Proxmox active le dépôt entreprise, qui exige une clé d'abonnement. Sans clé, chaque apt update échoue avec une erreur 401 — et votre hyperviseur ne reçoit plus la moindre mise à jour de sécurité, en silence, pendant des mois.

Deux commandes en SSH sur la machine, ou dans Node → Shell de l'interface web.

Désactiver le dépôt entreprise — Proxmox documente exactement cette méthode, qui a l'avantage de survivre aux mises à jour du paquet :

echo "Enabled: no" >> /etc/apt/sources.list.d/pve-enterprise.sources

Activer le dépôt sans abonnement :

cat > /etc/apt/sources.list.d/proxmox.sources <<'EOF'
Types: deb
URIs: http://download.proxmox.com/debian/pve
Suites: trixie
Components: pve-no-subscription
Signed-By: /usr/share/keyrings/proxmox-archive-keyring.gpg
EOF

apt update && apt full-upgrade -y

trixie est le nom de code de Debian 13, sur lequel repose PVE 9. Sur une version future de Proxmox, ce mot changera : la page des dépôts fait foi.

Le dépôt sans abonnement est, selon les mots de Proxmox, « non recommandé en production ». Pour un home lab, c'est ce que tout le monde utilise. Si vous voulez le dépôt testé et soutenir le projet, le premier niveau d'abonnement est facturé au processeur et à l'année — voyez leur page de tarifs.

Le rappel d'abonnement à la connexion, lui, reste. C'est le prix d'un logiciel libre financé par ceux qui le paient.

Étape 6 — VM ou conteneur ?

Proxmox propose deux façons de faire tourner quelque chose, et le choix se fait une fois pour toutes selon l'usage.

Une VM (KVM) émule une machine complète, avec son propre noyau. C'est ce qu'il faut pour un système différent — Windows, BSD, OPNsense — pour du passthrough matériel, et pour tout ce que vous voulez vraiment isoler. Ça coûte quelques centaines de Mo de RAM et un démarrage complet.

Un conteneur (LXC) partage le noyau de l'hôte. Ça démarre en une seconde, ça consomme ce que le logiciel consomme, et ça se redimensionne à chaud. En échange, c'est du Linux uniquement, et l'isolation est moins étanche.

La règle simple : une VM Ubuntu pour y mettre Docker, et des LXC pour les petits services que vous ne voulez pas conteneuriser.

Et surtout : ne faites pas tourner Docker dans un LXC. Ça marche, à peu près, jusqu'au jour où ça ne marche plus — permissions, réseau, montages — et vous chercherez dans Docker un problème qui vient de LXC. Une VM pour Docker, c'est 512 Mo de RAM de plus et zéro soirée perdue.

Étape 7 — Créer sa première VM Ubuntu

Téléverser l'ISO. Dans l'arbre de gauche : local (pve)ISO ImagesUpload. Ou plus rapide, Download from URL en collant l'adresse de l'ISO Ubuntu Server — la machine télécharge elle-même, à sa vitesse à elle.

Create VM, en haut à droite. Les écrans, et ce qui compte dans chacun :

  • General — un nom.
  • OS — l'ISO téléversée.
  • System — cochez Qemu Agent. Il permet à Proxmox d'arrêter proprement la VM et de connaître son adresse IP. On l'installera dedans à l'étape suivante.
  • Disks — 32 Go suffisent pour un Ubuntu + Docker sans données. Cochez Discard si le disque de l'hôte est un SSD : sans ça, l'espace libéré dans la VM n'est jamais rendu au disque physique.
  • CPU — 2 cœurs pour commencer. Passez le Type à host : la VM voit alors le vrai processeur, avec ses jeux d'instructions. Sans ça, certains logiciels tournent nettement plus lentement sans qu'on comprenne pourquoi.
  • Memory — 4 Go. Décochez Ballooning si vous voulez de la RAM réellement réservée.
  • Network — laissez vmbr0 : c'est le pont vers votre réseau, la VM y obtiendra une adresse comme n'importe quelle machine.

Démarrez, ouvrez Console, et installez Ubuntu — Installer Ubuntu Server s'applique tel quel. Une fois dedans :

sudo apt install -y qemu-guest-agent
sudo systemctl enable --now qemu-guest-agent

Proxmox affiche alors l'adresse IP de la VM dans son résumé, et sait l'éteindre proprement.

Étape 8 — Les sauvegardes, tout de suite

C'est ce que Proxmox fait de mieux, et c'est gratuit en temps de configuration.

Datacenter → Backup → Add. Choisissez le stockage, la planification — quotidienne, la nuit — et le mode Snapshot, qui sauvegarde une VM allumée sans l'arrêter. En Retention, gardez sept sauvegardes quotidiennes et quatre hebdomadaires : sans limite, votre disque se remplira et vous l'apprendrez au plus mauvais moment.

Une sauvegarde sur le même disque que les VM ne protège de rien d'autre que d'une erreur de manipulation. Un disque USB externe monté dans Datacenter → Storage, ou un partage réseau, change la nature de la protection.

Et le snapshot manuel, avant chaque manipulation risquée : VM → Snapshots → Take Snapshot. Dix secondes, et un retour en arrière possible. C'est la raison pour laquelle des gens installent Proxmox sur une machine qui ne fera tourner qu'une seule VM.

Ce qui va vous surprendre

« No valid subscription ». Un rappel, à chaque connexion. Rien n'est bridé.

Les mises à jour ne s'installent pas. Vous avez sauté l'étape 5. Vérifiez dans Node → Repositories que le dépôt pve-no-subscription est actif et que celui d'entreprise ne l'est plus.

Le stockage local est plein, local-lvm est vide. Ce sont deux espaces différents : local reçoit les ISO, les modèles et les sauvegardes ; local-lvm reçoit les disques des VM. Un ISO de 4 Go dans un local de 100 Go, ça se remplit vite.

Une VM qui ne démarre pas, message sur KVM. La virtualisation matérielle est désactivée dans le BIOS. C'est le seul prérequis vraiment bloquant.

L'interface web ne répond plus après un changement réseau. vmbr0 est un pont ; le modifier depuis l'interface web coupe la branche sur laquelle on est assis. Rebranchez un écran, et corrigez /etc/network/interfaces sur place.

Et ensuite

Une VM Ubuntu, Docker dedans, et vous retrouvez exactement ce que le configurateur de ce site recommande — avec un bouton « revenir en arrière » en plus.

C'est le vrai argument de Proxmox pour un home lab : pas la virtualisation elle-même, mais le droit de se tromper.

Video

Tonton Jo installe Proxmox VE, configure le stockage et crée une première machine virtuelle. Bon complément si vous hésitez encore entre Proxmox et Ubuntu + Docker.

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